Migraine vestibulaire : des vertiges sans mal de tête
Les épisodes de vertiges sans mal de tête comptent quand même. Cinq épisodes, une plage de durée, des caractéristiques migraineuses dans la moitié.
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La pièce bascule pendant quarante minutes, deux fois par mois, et il n’y a aucun mal de tête. Alors ça ne se présente à personne comme un problème de migraine, et c’est d’abord exploré comme un problème d’oreille, la plupart du temps.
La migraine vestibulaire est définie de telle façon que l’absence de mal de tête n’a rien d’exceptionnel ni de disqualifiant, et cette définition est publique. Ce qu’elle demande, c’est un compte et une durée, ce qui veut dire que ce qui sépare la plupart des gens d’un rendez-vous utile, c’est un relevé, pas une prise de conscience.
Les critères, en trois choses à noter
Les critères ont été rédigés conjointement par la Bárány Society et l’International Headache Society, et figurent dans l’annexe de la classification des céphalées sous A1.6.6 migraine vestibulaire. Trois éléments :
Au moins cinq épisodes de vertiges modérés ou sévères, durant entre cinq minutes et 72 heures.
Des antécédents actuels ou passés de migraine, avec ou sans aura.
Une ou plusieurs caractéristiques migraineuses pendant au moins 50 % des épisodes — un mal de tête avec au moins deux des caractéristiques habituelles (unilatéral, pulsatile, modéré ou sévère, aggravé par une activité physique de routine), ou une photophobie et une phonophobie ensemble, ou une aura visuelle.
Lis bien le troisième point, parce que c’est celui qui surprend les gens. Les caractéristiques doivent être présentes dans au moins la moitié des épisodes, pas dans tous. La moitié de tes épisodes peuvent être de purs vertiges sans rien d’autre, et le tableau correspond quand même. C’est pourquoi « mais je n’ai pas mal à la tête » n’est pas l’argument qui clôt la conversation qu’il semble être.
Note aussi que ceci figure dans l’annexe de la classification plutôt que dans le corps principal, ce qui en dit long sur le degré de consensus autour de cette entité, pas sur le fait que les gens en souffrent ou non.
Les trois choses que personne ne sait répondre quand on les lui demande
Chaque élément ci-dessus est une question que ton médecin te posera, et chacune a un échec prévisible.
Combien d’épisodes as-tu eus ? « Plein » et « quelques fois par mois depuis des années » sont les réponses habituelles, et aucune des deux n’atteint cinq sous une forme comptable. Le seuil est bas et précis, et l’atteindre sur le papier prend quelques mois de relevés.
Combien de temps durent-ils ? C’est celle où l’on se trompe le plus, parce qu’une plage de cinq minutes à 72 heures couvre trois ordres de grandeur et que les vertiges déforment sérieusement le temps. Les épisodes sont souvent mémorisés comme ayant duré « environ une heure » alors que le relevé indique douze minutes, et le sens de l’erreur n’est pas constant. Tout ce qui dure moins de cinq minutes sort entièrement de la définition, ce qui rend la différence entre une durée estimée et une durée chronométrée déterminante pour la décision.
Y avait-il des caractéristiques migraineuses ? Réponse donnée en bloc — « parfois je suis sensible à la lumière » — alors que les critères veulent une proportion. La moitié est le chiffre, et la moitié est impossible à connaître sans un relevé épisode par épisode.
Ce qu’il faut noter
Quatre champs, une fois par épisode.
- La date et l’heure de début
- La durée des vertiges, en minutes, notée à l’arrêt plutôt qu’estimée plus tard
- Modéré ou sévère, deux catégories, qui reprennent le vocabulaire des critères
- Quelles caractéristiques étaient présentes : mal de tête et à peu près quel genre, sensibilité à la lumière et au bruit ensemble, aura visuelle, ou aucune
Ce dernier champ est celui qui détermine si tu peux répondre à la question des 50 %, et le « aucune » doit être noté avec la même rigueur que le reste. Un relevé d’épisodes qui ne consigne que les épisodes intéressants ne peut pas produire une proportion.
Un cinquième champ vaut la peine d’être ajouté pour qui a du mal à catégoriser ses épisodes : ce qu’était réellement le vertige. Une sensation de rotation, l’impression d’être poussé ou basculé, un déséquilibre en marchant, ou provoqué visuellement — déclenché par le défilement d’un écran, les rayons de supermarché, la circulation. Ces distinctions comptent pour les personnes qui explorent cela, et c’est exactement ce que la mémoire brouille en premier.
Pourquoi le relevé fait tout le travail ici
Plus que pour la plupart des céphalées, celle-ci est un problème de comptage.
Le diagnostic différentiel comprend plusieurs autres causes de vertiges épisodiques, et elles se distinguent surtout par la durée et par ce qui les accompagne, pas par la sensation elle-même. Un ensemble d’épisodes horodatés constitue un vrai matériau diagnostique, d’une façon qu’une description de la sensation n’est pas, et c’est le matériau avec lequel presque personne ne se présente.
Il y a aussi un point pratique sur la personne devant qui tu finis par te retrouver. Des vertiges isolés sont généralement orientés vers un service ORL ou un centre d’audiologie, parfois pendant des années, pendant que les antécédents de migraine restent muets dans une autre partie du dossier. Une page montrant cinq épisodes chronométrés, dont trois avec photophobie et phonophobie, à côté d’antécédents de migraine dans ta vingtaine, c’est ce qui fait tenir les deux moitiés de ton dossier dans la même pièce. Les orientations reposent sur des faits de ce genre, et un doute sur le diagnostic est l’une des raisons classiques pour lesquelles un médecin généraliste peut agir.
Deux mois, puis le rendez-vous
Cinq épisodes, c’est le seuil, donc la période de suivi dure le temps qu’il faut pour en atteindre cinq.
Note-les à leur fin, pas le soir même. La durée est le champ qui se dégrade le plus vite, et c’est celui qui pèse le plus lourd ici. L’agenda imprimable gratuit a une ligne par jour et une colonne de notes assez large pour les quatre champs, et Migraine Journal horodate les entrées au moment où tu les fais, ce qui préserve l’heure de début et l’ordre des événements quand un souvenir de l’après-midi ne le fera pas.
Apporte le compte et les durées au rendez-vous sur une seule page, dans le même format que n’importe quel autre relevé de céphalées — ce qu’il faut apporter à un rendez-vous chez le neurologue détaille la mise en page, et la section antécédents de migraine compte ici plus que d’habitude, y compris les crises que tu as eues il y a des décennies et que tu n’as plus.
Rien ici n’est un diagnostic et rien ne doit être utilisé comme tel. Les vertiges ont des causes qui ne sont ni bénignes ni migraineuses, et des vertiges accompagnés de nouveaux symptômes neurologiques, d’une perte auditive, ou d’un mal de tête soudain et sévère sont une raison de consulter maintenant plutôt que de noter. Les autres guides de suivi partent du même relevé par épisode.
Réponses rapides
Peut-on avoir une migraine vestibulaire sans mal de tête ?
Oui. Les critères demandent des caractéristiques migraineuses pendant au moins la moitié des épisodes vestibulaires, pas pendant tous, et ces caractéristiques peuvent être une sensibilité à la lumière et au bruit ou une aura visuelle plutôt qu'une douleur à la tête. Les épisodes sans aucun mal de tête sont fréquents.
Quels sont les critères diagnostiques de la migraine vestibulaire ?
Au moins cinq épisodes de vertiges modérés ou sévères durant entre cinq minutes et 72 heures, des antécédents actuels ou passés de migraine avec ou sans aura, et une ou plusieurs caractéristiques migraineuses pendant au moins 50 % de ces épisodes.
Combien de temps durent les épisodes de migraine vestibulaire ?
De cinq minutes à 72 heures selon les critères, ce qui est une plage énorme et explique en partie pourquoi il vaut mieux noter la durée que l'estimer. Les épisodes de moins de cinq minutes sortent de la définition.
Que faut-il noter ?
La date et l'heure de début, la durée des vertiges, s'ils étaient modérés ou sévères, et quelles caractéristiques migraineuses étaient présentes — mal de tête et son caractère, sensibilité à la lumière et au bruit, ou aura visuelle. Ces quatre éléments correspondent directement à ce que vérifie un médecin.
Un suivi en moins d’une minute
Enregistre une crise en quelques secondes, note automatiquement la variation de pression atmosphérique, et imprime le résumé que demande un neurologue.
Cet article est une information générale, pas un avis médical. Parle de tes propres symptômes, de tes médicaments et de ton traitement avec ton médecin ou ton neurologue.

